Comment les terroristes de Daesh forment des enfants au combat

Un reportage sidérant diffusé sur Arte évoque le sort des enfants sous Daesh. Ces “lionceaux du califat” sont victimes de la violence de Daesh.

Sans cris ni sang, Ashbal, les lionceaux du califat (voir ci-dessous la vidéo) propose au téléspectateur une plongée dans l’insoutenable. Elle est pénible mais nécessaire, permettant de mesurer toute la gravité du poison que sème Daech sur son « territoire ».

Les deux réalisateurs, Thomas Dandois et François-Xavier Trégan, ont retrouvé et interrogé des enfants ayant été enrôlés par l’organisation islamiste. Avec leurs témoignages, inédits, précis et, pour certains, confiés d’une voix innocente comme aurait dû l’être leur âge, un système d’une odieuse perversité se dessine.

« Ils nous disaient que là-haut on aurait des jouets, des voitures, des ordinateurs, au paradis, tout ce qu’on veut on l’a », dit Moussa, 12 ans aujourd’hui, libre après avoir été placé par Daech dans un centre réunissant une centaine d’autres enfants et situé à proximité de la ville syrienne de Raqqa.

« À force de voir des choses insoutenables, les enfants se sont habitués »

Remplissant de propagande ces très jeunes esprits, naïfs et influençables, les djihadistes les utilisent comme appântts pour capturer des prisonniers et les forment à l’attentat-suicide. Ils leur enseignent aussi les méthodes d’exécution au sabre, exemple réel à l’appui, en salle de classe. Précis et concentrés, Moussa et son frère, Youssef, 9 ans, reproduisent les gestes devant la caméra. « Puis ils prenaient la tête et la mettaient dans la voiture », conclut l’un d’eux.

Des enseignants témoignent qu’ils ont tenté d’empêcher les terroristes d’instrumentaliser l’éducation et de protéger les élèves en leur proposant des séances de sport. « En arrivant, Daech a mis la main sur toutes les écoles », dit un professeur de la ville syrienne Deir Ez-Zor, exilé en Turquie. De la projection de films aux cours de fabrication d’explosifs, les islamistes ont vite noyauté tout l’enseignement. Et, relève l’enseignant, « à force de voir des choses insoutenables, ils (les enfants, NDLR) se sont habitués ».

Publié par Marianne Meunier, le 27/06/2017, sur la Croix

Interview des réalisateurs à retrouver sur Télérama.

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