Un repenti de Boko Haram : « on voulait avant tout gagner beaucoup d’argent »

Plusieurs repentis de l’organisation terroriste Boko Haram racontent l’horreur des actes perpétrés, mais aussi leur honte d’avoir participé à de telles atrocités.

Pillages des villages, rafles, femmes kidnappées, violées, torturées… Des repentis de Boko Haram décrivent l’horreur du quotidien djihadiste. Pour beaucoup, à l’instar de Baba Gana, c’est l’appât du gain qui a constitué la première motivation, et sûrement pas la religion, comme le raconte Le monde Afrique.

Ce transporteur nigérian originaire de la frontière avec le Niger s’est enrôlé dans l’organisation terroriste pour gagner plus d’argent, confie-t-il, soit 35 000 nairas par semaine, l’équivalent de 82 euros. La religion ? Il a vite compris que c’était de la blague. Le coeur de l’engagement, c’est le business, la possibilité de gagner vite beaucoup d’argent. Comme le raconte encore Moustapha Abubakar, un petit paysan de la région de Diffa, dans le sud-est du Niger, qui a lui aussi sauté le pas. « Je ne m’en sortais pas niveau fric. Boko Haram faisait les va-et-vient dans nos villages, pour se ravitailler et recruter. Ils m’ont fait une proposition d’argent. Je les ai rejoints pour ça, c’est tout », explique-t-il.

Il faut dire que de l’argent, Boko Haram en a à revendre, grâce aux pillages, au commerce transfrontalier et aux trafics multiples auxquels elle se livre. Beaucoup de ceux qui ont rejoint l’organisation l’ont ainsi fait par intérêt, d’autant que Boko Haram rétribue davantage ceux qui remportent des victoires militaires. Le djihad ? Ca vient après. De l’aveu de ces repentis, c’est du maquillage, un camouflage auquel personne ne croit vraiment. « Ils nous faisaient réciter des sourates, nous on pensait au moyen de gagner encore plus d’argent », confie un autre repenti.

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