Les mensonges de Daesh pour dissimuler sa déroute

Si cela continue à ce rythme, Daesh pourrait bientôt revendiquer les accidents de la route, voire même les vols à la tire dans le métro. En pleine déliquescence, l’organisation terroriste tente désespérément de préserver son « crédit » en revendiquant des attentats avec lesquels elle n’a rien à voir. Comme à Las Vegas.

Peu de temps après l’horrible fusillade qui a fait 58 morts à Las Vegas, Daesh revendique la paternité de l’attentat en indiquant qu’il s’agit d’une « opération en réponse aux appels de cibler les pays de la coalition. »

Peu de temps après, Daesh publie un second communiqué dans lequel le groupe terroriste précise que le tueur, rebaptisé « Abou Abd el-Bir al-Amriki » s’est converti à l’islam « depuis plusieurs mois », et qu’il « répondu à l’appel du commandeur des croyants (le soi-disant « calife » Abou Bakr al-Baghdadi) enjoignant de viser l’alliance des croisés ».

Tous les médias ont repris en boucle cette information. Sauf que le FBI a rapidement démenti. L’un de ses agents a ainsi déclaré : « Nous avons déterminé qu’il n’ y a aucun lien avec un groupe terroriste international. L’enquête est en cours. (…) On va s’assurer que nos informations sont factuelles et que l’enquête est fondée sur les faits afin d’apporter confort et paix à la communauté ».

Le président Donald Trump, pourtant peu enclin à minimiser le rôle de Daesh, n’a pas évoqué un instant l’organisation terroriste dans son allocution depuis la Maison Blanche.

A ce jour, aucun indice ne permet d’établir un quelconque lien entre le tueur sexagénaire surarmé de Végas et une organisation terroriste islamiste, ou une quelconque forme de radicalisation de nature religieuse, ni même une conversion à l’islam, contrairement à ce qu’a affirmé Daesh.

En outre, Stephen Paddock n’est pas non plus « mort en martyr », comme l’a dit l’organisation terroriste, mais s’est suicidé après avoir commis son acte, ce qui est formellement interdit.

En fait, ce n’est pas la première fois que Daesh ment en s’attribuant des actes de type terroriste avec lesquels elle n’a rien à voir.

Dans plusieurs autres actes de nature terroriste, le lien entre le tueur et l’organisation terroriste n’a pas été établi, quand bien même Daesh s’est empressé de les revendiquer.

A Marseille, dimanche 1er octobre, un tueur a poignardé deux jeunes femmes sur le parvis de la gare Saint-Charles, à Marseille. Selon des témoins, l’homme aurait crié « Allah Akbar » en perpétrant son acte. Dans la soirée, Daesh a revendiqué l’attaque en présentant le tueur comme « un soldat de l’Etat islamique ». Sauf que, là encore, rien ne permet d’affirmer avec certitude que Daesh fut bien le commanditaire de cet acte. Pour les services de renseignement français, il s’agit là d’une « revendication opportuniste » permettant au groupe terroriste de tirer profit de l’attentat.

Pareil s’agissant de l’attaque au couteau perpétrée en Sibérie à Sourgout le samedi 19 août 2017. Si Daesh a bien revendiqué l’attentat, aucune preuve reliant directement l’assaillant à l’organisation terroriste n’a été établie. La police russe a d’ailleurs affirmé écarter la piste djihadiste. 

Idem avec l’horrible attentat perpétré à Nice le 14 juillet 2016. Après de longs mois d’enquête, rien n’a permis d’établir un lien entre Daesh et l’auteur de la tuerie qui a fait 86 morts, Mohamed Lahouaiej Bouhlel. Si ce dernier a bien manifesté une attirance pour l’idéologie djihadiste, les juges anti-terroristes et les services de renseignement n’ont pas trouvé d’indice – ni document, ni appels d’aucune sorte – corroborant la revendication de Daesh qui affirmait, 36 heures après l’attentat, que « l’auteur de l’opération d’écrasement à Nice, en France, est un des soldats de l’Etat islamique qui a exécuté cette action en répondant à l’appel à viser les citoyens des Etats de la coalition qui combat l’Etat islamique.»

Pour les spécialistes, la revendication de Daesh suite à l’attentat de Nice était, là encore une « revendication opportuniste ».

Défaite sur le plan militaire, l’organisation terroriste cherche par tous les moyens à continuer à exister sur d’autres fronts et à apparaitre toujours aussi forte. Daesh semble ainsi saisir toutes les opportunités qui peuvent lui permettre de conserver de la visibilité et de préserver le ressort essentiel de son action : susciter la terreur.

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